25 février 2008

Extrait

Je ne voulais pas qu’il m’appartienne. Je n’avais jamais eu l’intention de vouloir qu’il m’appartienne. J’étais depuis longtemps décidée à ne plus jamais me marier, à ne plus jamais concéder à qui que ce soit le moindre droit sur moi. Je prenais très au sérieux l’accord tacite qui voulait qu’aucun de nous ne soit, ni se sente, responsable de l’autre. J’étais persuadée pour ne plus me laisser avoir par les autres, ou par moi-même, de ne plus jamais devoir renoncer à la distance que j’avais mise entre moi et les autres. Avec, en toile de fond, la conscience d’être toujours prête à renoncer à moi-même, nostalgie de la candeur enfantine. Le désir lourd et douceâtre d’être protégée. Comme le parfum oppressant et pourtant agréable de fleurs mortuaires fanées. Je m’étais cuirassée contre moi-même.


L'ami étranger de Christoph HEIN

2 commentaires:

H&M a dit…

m'ouais
va falloir faire attention à ce que tu lis toi ! :D

岳诗娜 a dit…

Je trouve que tu te fais trop de mal, parfois consciemment et par d'autres non...Laisse les choses aller par elles-mêmes, pour une fois... Je trouve (et je sais que c'est sans importance:)) que dans ton cas, il vaudrait mieux plutôt aller vers les autres, sans trop calculer les conséquences...du moins pendant quelques temps et reprendre un peu cette aisance de la vie, qui n'est que précaire et utopique...Je devrai le faire moi aussi, mais toi, t'en as besoin plus que moi...
Pi, tu me manques bcp!!!! Voilà!!!